Accepter sans se contenter – 1. Accepter

Posted by Wahid on Jun 18, 2010 in Réflexion |
Le milieu de la voie

Accepter

Accepter. C’est peut-être facile à dire, et quelque part, tout le monde se croit accepter.

Pourtant, il n’y a pas un sentiment désagréable, pas un, qui n’est pas entièrement ou en partie, le résultat d’un refus d’accepter. Accepter sa condition, le monde où on vit, la perte de quelque chose, la difficulté d’obtenir quelque chose, la difficulté de devenir ce qu’on veut. Prenez l’exemple de celui qui ne parvient pas à faire son deuil de la mort d’un être cher. On n’acceptant pas la mort, et son absurdité, il n’accepte pas sa propre condition de mortel. Son malheur provient de l’intenable contradiction qui vit dans son esprit, entre la réalité de la mort et son refus de mourir.

L’exemple est simple et extrême. Comme toute illustration, elle doit toucher nos limites pour véritablement nous parler. Mais j’aurais pu prendre d’autres exemples : l’aveugle accepte mieux son handicap qu’un pauvre ambitieux ; le malade du coeur accepte mieux son état qu’un amoureux qu’on aurait envoyé promener ; le littéraire accepte plus facilement qu’il ne comprend rien à la physique nucléaire.

L’objet de l’acceptation peut sembler ne revêtir qu’un aspect négatif. Encore la faute à mes exemples ! Mais quand on n’accepte pas, on n’accepte rien : ni ses limites, ni ses forces. Quand on n’accepte pas que nos limites font partie de nous, on ne se pense pas mériter ses qualités, son argent, sa santé. L’acceptation est une vision du monde, un filtre à notre appréhension des choses. Si le négatif nous occupe l’esprit plus que le positif, c’est une question pragmatique – parce qu’on souhaite légitimement régler ses problèmes – et subjective, parce que nos problèmes ne sont que les problèmes qui nous sont propres. L’acceptation ne connaît pas le “signe mathématique” de son objet.

C’est après avoir accepté qu’on connaît la vraie valeur des choses, qu’on connaît sa vraie valeur, qu’on comprend que la vie est multiple et riche de ses alternatives, qu’on devient réaliste, qu’on finit par se libérer.

Deuxième partie

1 Comment

Wahid
Jun 18, 2010 at 15:10

Une amie a eu raison de me répondre la chose suivante :

“Tout accepter ? refuser parfois d’accepter permet de dépasser ses limites et de s’améliorer… je ne parle pas en terme de performance (tu t’en doutes je pense me connaissant) mais de qualité de vie, de don, de soi…”

En effet, il y a une limite à l’acceptation. Et à mon sens, c’est bien le contentement. Lorsque quelque chose est en contradiction avec ses principes, et qu’on ne la refuse pas, on se contente – c’est-à-dire qu’on accepte ce qu’on peut changer. Et ce n’est pas une voie qui conduit au Bonheur.

Je parlerai du contentement dans la deuxième partie de cet article.


 

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