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Le temps est votre meilleur ami

Posted by Wahid on Jun 2, 2011 in Philo, Quotidienneté

Time flies clock 10 11 2006

Prendre son temps, n’est-ce pas une idée réconfortante ? Si nous pouvions le faire quand on veut ! Le plus souvent, on n’y pense pas, on oublie, comme on oublie toutes les choses dont on connaît les bénéfices. Mais le temps alors, n’est-il pas infiltré dans tout le reste ? Se dire qu’on va prendre son temps, et tout devient, d’un seul coup, un peu plus doux.

On ne sait pas vraiment pourquoi, on le sent pourtant, c’est dans l’air : on est tout le temps pressé. On veut tout accomplir au plus vite, parce qu’on se dit peut-être qu’après on pourra se reposer, ou qu’il y aura autre chose à faire de plus amusant, de moins stressant. Mais ça continue, encore et encore, les jours passent et les choses ne changent pas, l’état d’esprit reste le même. On peut en étudier les raisons, elles sont en nous et autour de nous, mais là n’est pas la question.

Que faire alors ? Il y a bien des petites techniques, du genre évaluer toujours à la hausse le temps que prendront les choses, noter le temps qu’on passe à accomplir une certaine tâche, accepter de dire aux autres qu’on est en retard, renégocier les délais, prendre moins de tâches à la fois, gérer son temps avec une application iPhone, etc.

Tout cela est bien, mais en fait, il n’est que la partie émergé de l’iceberg. Car le temps, et c’est là que je voulais en venir, le temps fait partie de la conception de soi. Il n’est pas seulement infiltré dans ce qu’on fait, il l’est en SOI, dans l’image qu’on se fait de soi-même, dans son caractère, son MOI.

Quand vous vous mettez en colère, vous ne désirez pas que ça continue, vous voudriez que le temps passe plus vite. Vous savourez une glace en plein cagnar, et vous voulez que ça continue ad vitam eternam. Un peu plus profondément : pensez à ce que vous êtes, à votre être… ce qui vous caractérise et qui fait de vous la personne que vous êtes… je ne parle pas de ce qui vous distingue des autres, je parle de ce sentiment intérieur qui vous permet de dire MOI. Pensez-y, la notion de temps y est-elle ? Ce Moi a-t-il changé avec le temps ? Est-il meilleur aujourd’hui ? Le sera-t-il demain encore plus ? Il y a des choses en vous que vous désirez changer ? La mort n’est-elle pas si près finalement, alors qu’on la voudrait loin ?

N’avez-vous pas conscience que vous savez précisément quoi changer en vous et pourtant, vous n’y arrivez pas ? “Demain, je commence un régime !”, “A partir de maintenant, je ne procrastinerai plus !”, “C’est fini, je ne me fais plus avoir par quiconque !”…

Croire au changement instantané, s’obliger à adopter un comportement qui s’oppose à votre propre nature, n’est rien d’autre que l’annonce d’une perte de temps et d’un échec à venir. Ce n’est pas parce que vous êtes moins bon que d’autres, ou que vous n’arrivez pas à vous motiver. C’est parce que vous ne prenez pas en compte le fait que vous êtes le résultat d’une construction, jour après jour, année après année, lente et pesante, qui ne peut pas se nier d’une simple décision motivée. Vous êtes votre passé, l’avenir n’est que le souvenir des images qu’on s’est fabriqué dans le passé.

Maîtriser son temps, ce n’est pas courir après lui, c’est lui prendre la main, se laisser accompagner des fois, et l’accompagner d’autres fois. Doucement, tout doucement, les choses viendront à vous. Restez seulement alertes, les yeux grands ouverts !

A bientôt !

 
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Epicure : “Il est impossible d’être heureux sans être sage”

Posted by Wahid on Jun 16, 2010 in Philo, Réflexion
Antique bonheur

“Je veux être heureux, tout le monde se l’est au moins dit une fois.

Cette affirmation, parce qu’elle sous-tend une série de vérités qui ne paraissent pas toujours naturelles, balaye de la main un nombre de croyances fausses dont voici quelques exemples  :

  • On ne peut être libre
  • Trop réfléchir, c’est être malheureux
  • Penser au passé et à l’avenir, c’est ne pas profiter du moment présent
  • Le bonheur est impossible dans le monde où je vis

Vouloir être heureux, c’est avant tout prendre conscience de sa capacité à concevoir et à obtenir le Bonheur: on ne peut affirmer être heureux sans s’en rendre compte. L’affirmer par une volonté, c’est sous-entendre une relation intrinsèque entre le Bonheur et la Liberté : Vouloir est l’expression de Soi ; Soi est se concevoir comme un tout, un être entier qui peut prétendre à être libre.

“Je veux être heureux” est donc le commencement d’une réflexion individuelle sur son état, une introspection nécessaire, qui prend corps dans un série de questions :

  • Qui suis-je ?
  • Que puis-je savoir ?
  • Dans quel monde est-ce que je vis ?
  • Qu’est-ce qui peut me rendre heureux ?
  • Comment puis-je me rendre heureux ?

Peut-on échapper à la réflexion, et donc à des conclusions, qui aboutissent nécessairement à un apprentissage (un changement sur soi) pour prétendre au Bonheur ? La réponse est claire : non.

Pour Epicure, la sagesse est l’aboutissement de cette réflexion, et elle seule peut conduire au Bonheur.

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